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UPJ-Union des entreprises pour la Protection des Jardins et des espaces publics : Découvrez la menace qui pèse sur les chênes, les buis et les marronniers du Nord-Ouest de la France en cas de suppression des produits phytosanitaires

thumb_UPJ-CONFERENCE-PRESSE-24-NOV-2015Maladies et ravageurs : quels sont les risques liés à la suppression des produits phytosanitaires ? L’UPJ rappelle que la loi de Transition Energétique prévoit la suppression des produits phytosanitaires issus de la chimie de synthèse pour les collectivités dès 2017 et à partir de 2019 pour les particuliers. Quel en est le risque ? Favoriser la désertification des espaces urbains en faisant disparaître des espèces de végétaux vulnérables aux bio-agresseurs : maladies et ravageurs. S’attaquant au chêne en se nourrissant de ses feuilles, la chenille processionnaire (voisine de la processionnaire du pin) provoque une défeuillaison importante. Surtout observable entre juin et juillet, elle peut être la cause d’un affaiblissement de la croissance de l’arbre. La processionnaire est par ailleurs allergène et très urticante pour l’être humain et les animaux.1

Les maladies et ravageurs présents dans le Nord-Ouest de la France

Bien qu’il existe des solutions de luttes dites « mécaniques » qui consiste à enlever le nid en le brûlant, l’aspirant ou le grattant, tout en étant équipé d’une protection intégrale, ou encore la solution utilisant la confusion sexuelle en utilisant des phéromones de synthèse comme piège, le traitement phytosanitaire reste la plus efficace.

Jusque-là passé entre les mailles du filet grâce à sa robustesse, le buis, notamment utilisé pour ses propriétés ornementales, est depuis 2008 attaqué par deux maladies de dépérissement (Cylindrocladium buxicola et Volutella buxi) et un ravageur (la pyrale, un papillon nocturne). Ces espèces sont si envahissantes qu’entre 2013 et 2014, 28 nouveaux départements ont été touchés. Le buis a une valeur patrimoniale considérable pour la France, terre originelle des jardins à la française dont l’arbuste est un élément central.

Les jardins de Bois-Guilbert, situés à une demi-heure de Rouen, décrits comme des « jardins poétiques » sont connus pour les 70 sculptures réparties sur 7 hectares, les allées végétales constituées notamment de chênes mais aussi pour son impressionnant labyrinthe de buis. Tout près de Saint-Malo, les jardins de La Ballue mêlent tradition et originalité dans des jardins de style baroque italien et classique à la française où le buis est magnifié par l’art topiaire. Mais pour combien de temps ?

Tout aussi alarmant, les marronniers subissent quant à eux les attaques de la mineuse du marronnier, une chenille qui creuse des galeries dans les feuilles. Une maladie, le chancre bactérien du marronnier, est apparue peu après la venue de cette chenille en Europe. Il semblerait que les deux soient liées mais les scientifiques n’arrivent pas encore à le confirmer. Le marronnier, arbre imposant à la floraison esthétique, n’est pas seulement présent dans les forêts; on le retrouve notamment dans les grandes allées en bordure de routes.

En Normandie, à Joué-du-Plain, la perspective qu’offraient les 360 marronniers de l’allée de la Motte n’est plus puisqu’ils ont tous été abattus. Agés de 200 ans et tous malades, les marronniers n’ont pas pu être soignés et ont été remplacés par de jeunes hêtres, espèce qui est censée être plus résistante.

Enfin, deux végétaux extrêmement invasifs, la renouée asiatique et la berce du Caucase prolifèrent dangereusement, éliminant la majorité des autres espèces qui les entourent. Au-delà des problèmes de prolifération, la berce du Caucase est toxique pour l’homme et responsable de terribles brûlures (jusqu’au 3ème degré) si elle entre en contact avec la peau.

« Il est grand temps de se mobiliser pour sauver le paysage végétal du Nord-Ouest de la France constitué par les frênes, les buis et les marronniers car sans solution adaptée et efficace ces espèces sont amenées à disparaître comme ce fut le cas pour les ormes, rayés de la carte entre 1970 et 1990 suite à leur contamination par un champignon appelé la graphiose », déclare Guillaume Roth.

La méconnaissance de l’impact de la végétation sur les zones urbaines

L’impact écologique des végétaux dans les villes et les jardins est positif. En effet les végétaux refroidissent et dépolluent.

Un refroidissement naturel

Comme le soulignait le professeur en biologie végétale Jean-Marie Pelt, peu de personnes savent que « les végétaux transpirent et refroidissent le microclimat de nos jardins, limitant ainsi les effets délétères des canicules, que nous subissions depuis quelques années » 2. Ce processus d’évapotranspiration refroidit l’atmosphère de façon si efficace qu’en été une zone recouverte de pelouse sera de 6 à 9°C moins chaude que les zones bétonnées3. Dans un contexte de réchauffement climatique, cet effet des plantes est non-négligeable et apporte un réel confort de vie aux habitants tout en étant une source importante d’économies d’énergie.

Une dépollution avérée

Il est de notoriété publique que les zones urbaines sont principalement polluées par le trafic routier et les moyens de chauffage. Le professeur Jean-Marie Pelt ajoutait qu’au-delà du refroidissement « les végétaux fixent aussi le gaz carbonique de l’air émis par les combustibles fossiles, directement issus de nos utilisations » 4 (chauffage, trafic routier, productions d’usine, etc.).

C’est donc grâce à la photosynthèse que les plantes absorbent du gaz carbonique puis rejettent de l’oxygène dans l’air. Aussi les végétaux jouent un rôle capital pour améliorer la qualité de l’air que nous respirons (plus d’oxygène et moins de CO2). Dans une étude, la Société Française des Gazons précise qu’un hectare de gazon produit l’oxygène nécessaire à 150 personnes et capte une quantité de CO2 équivalente aux émissions d’environ 30 automobiles.5

« Aujourd’hui, les urbanistes et les jardiniers qui pensent la ville de demain se voient contraints d’abandonner les végétaux et de les remplacer par des jardins minéraux, à l’aspect gris et lunaire, ou des gazons synthétiques. », déplore Jacques My, Directeur Général de l’UPJ.

Une loi aux échéances prématurées qui oublie le temps de la reconversion

Au mois de décembre 2015, Guillaume Roth questionnait l’intérêt du vote de l’article 68 de la loi relative à la transition énergétique en rappelant que les professionnels du secteur jardin étaient « dans une démarche positive, concrète et efficace ; cette interdiction est une punition injuste et accablante».

En effet, entre 2008 et 2013, en dehors de toute obligation législative, les volumes de substances actives avaient diminué de 25% dans les jardins et les espaces publics, preuve concrète des efforts entrepris par la profession. De plus, les produits dotés de la mention EAJ résultent depuis 15 ans d’efforts de R&D qui ont permis de ne mettre sur le marché que des solutions sécurisées et spécialement adaptées aux besoins des jardiniers.

L’UPJ s’étonne que la France, pays d’accueil de la COP 21, soit capable de prendre des décisions si restrictives et hâtives d’autant que les alternatives naturelles aux produits phytosanitaires n’existent pas toujours. Par ailleurs, il n’est pas inutile de rappeler que « naturel » ne veut pas obligatoirement dire sans danger pour l’environnement et la santé, et que de nombreux produits de synthèse ont justement été créés pour en pallier les limites écologiques et sanitaires.

De plus, il est mensonger de mettre en avant la possibilité de résoudre tous les problèmes de santé des plantes sans les produits de synthèse et irréaliste de faire croire que l’entretien du jardin sera aussi facile, rapide et efficace. L’UPJ refuse l’opposition « naturel » versus « synthèse » et promeut l’alliance de ces produits évalués et dûment homologués qui, dans leur complémentarité, sont à l’heure actuelle l’unique solution pour à la fois entretenir les jardins et lutter contre les maladies et ravageurs.

Engagée pour un jardinage responsable et respectueux de l’environnement, l’association de professionnels rappelle que la France applique la directive européenne6 de la manière la plus coercitive qui soit. Contrairement aux autres Etats membres, qui mettent en œuvre une politique d’utilisation durable, les parlementaires français ont voté une loi visant à aboutir au « zéro phyto » à des échéances si courtes qu’elles ne laissent pas le temps de mettre en place des alternatives appropriées.

Pourtant, il faut au moins 10 ans pour créer un nouveau produit adapté. Aussi les délais à 2017 pour les collectivités et 2019 pour les jardiniers amateurs ancreront des problématiques de santé végétale déjà très préoccupantes, notamment pour le buis, les platanes, les frênes, etc. Cela équivaut à condamner de nombreuses espèces.

« L’avenir des villes européennes est dans la végétation plantée et entretenue. Nos villes sont de plus en plus polluées. Mais, en supprimant les produits qui aident au développement des plantes et des arbres sains, les parlementaires ont voté la dégradation des conditions de vie des urbains, qui apprécient les espaces verts. Véritables poumons dépolluants, ils offrent des sas de détente et de loisirs tout en améliorant la santé des habitants au quotidien. », conclut Guillaume Roth.

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1 Rapport Annuel de Surveillance Biologique du Territoire – 2014 DGAL-SDQPV, page 2.
2 Témoignage Jean-Marie Pelt, dans la brochure « Les jardiniers se mobilisent pour le climat », éditée par l’association Pacte pour le Jardin.
3 Maryland Turfgrass Survey – An economic Value Study, 1996.
4 Témoignage Jean-Marie Pelt, dans la brochure « Les jardiniers se mobilisent pour le climat », éditée par l’association Pacte pour le Jardin.
5 Société Française des Gazons, Le Gazon Naturel.
6 Directive du 21/10/2009 sur l’utilisation des produits phytosanitaires dont le premier article instaure un cadre pour parvenir à une utilisation compatible avec le développement durable, en réduisant les effets sur la santé humaine et l’environnement tout en encourageant les méthodes alternatives.

A propos de l’UPJ :

L’UPJ, Union des entreprises pour la Protection des Jardins et des espaces publics, est l’organisation professionnelle de référence en matière de jardins et d’espaces publics. Créée en 1944, l’UPJ regroupe aujourd’hui 29 sociétés couvrant les domaines des produits de protection des plantes, des amendements organiques, des supports de culture (terreaux), des engrais, et des biocides. La mission première de l’UPJ est de sensibiliser les jardiniers professionnels et amateurs à un jardinage responsable. Un jardinage responsable passe par l’utilisation de produits d’entretien et de soins de jardin adaptés, à la bonne dose, au bon moment, et dans le respect de la santé des jardiniers et de l’environnement. L’UPJ prône la coexistence intelligente entre les produits de synthèse, les produits naturels et les techniques complémentaires dans la gestion des espaces verts ou dans les pratiques de jardinage. Cette fédération professionnelle est, de longue date, un partenaire engagé auprès des pouvoirs publics et de l’ensemble des parties prenantes.

Source : UPJ-Union des entreprises pour la Protection des Jardins et des espaces publics

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Dernière modification le samedi, 06 janvier 2018 18:41

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