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Mercredi 17 Janvier 2018

FALIENOR PREMIER TECH : Découvrez l’usine de Vivy (49) qui produit des supports de culture « haut de gamme », à la fois pour les professionnels du secteur vert et les jardiniers amateurs

Grand Public - Reportages

thumb_FALIENOR-PREMIER-TECH-USINE-DE-VIVY-49La Société FALIENOR, créée il y a plus de 50 ans, s’est spécialisée dans la fabrication de supports de culture, non seulement pour les professionnels mais aussi pour les particuliers. Au fil des ans, elle est devenue un fournisseur de renom pour les horticulteurs, les paysagistes, les collectivités, les responsables d’espaces verts et de terrains de sport ainsi que pour certaines grandes enseignes de la distribution spécialisée jardin. Au début de l’année 2013, FALIENOR a été rachetée par le groupe Canadien PREMIER TECH -un des leaders mondiaux de la production et du conditionnement de la tourbe- et s’appelle désormais FALIENOR PREMIER TECH. SecteurVert.com a voulu en savoir plus à propos d’un produit aussi banalisé que le support de culture. Guidés par Philippe DOYEN, Directeur Commercial et Marketing Grand Public, nous avons pu découvrir à Vivy (49) un site de production exceptionnel, certifié ISO 9001, qui utilise un très grand nombre de matières premières -dont la fibre de coco- des formulations et des mélanges  « sur mesure », une maîtrise complète de toute la chaîne de fabrication... le tout pour obtenir de véritables substrats « haut de gamme ».

Découvrez en images le site de production de Falienor :

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SECTEUR VERT : Nous nous trouvons dans l'aire de début d'ensachage. Une fois que le mélange a été réalisé, validé et contrôlé par le laboratoire, les trémies sont chargées ; cela permet d'alimenter en produit « vrac » les ensacheuses qui sont derrière nous ?

Philippe DOYEN : Il y a en effet quatre lignes de conditionnement complètement automatisées ainsi qu’une ligne semi-automatisée où la palettisation se fait manuellement.

SECTEUR VERT : Est-ce que ces lignes de palettisation et de conditionnement génèrent à chaque fois un produit différent ?

Philippe DOYEN : Tout à fait. Nous obtenons à chaque fois un produit différent. Nous marchons ensuite par périodes d'ensachage avec soit du terreau horticole, soit du terreau universel. Il sera possible également de changer de volume de sac. Ainsi, nous pouvons parfaitement fabriquer du terreau horticole en 70 litres et du terreau universel en 45 litres. Sur notre ligne nous mettons le produit vrac dans les sacs, ensuite les sacs sont palettisés, puis ils sont houssés et ils rejoignent enfin l'aire de stockage.

SECTEUR VERT : Nous voyons des chargeurs déposer des godets de terreau, du produit fini en vrac, dans les trémies de chargement. C'est un produit qui a été préparé, contrôlé et validé avant sa mise en sac ?

Philippe DOYEN : C'est une des forces de PREMIER TECH car certains de nos concurrents font des produits en continu : cela part directement du mélangeur dans les dans les trémies, puis dans les sachets avec du contrôle a posteriori. Chez PREMIER TECH c'est une contrainte parce qu'il y a plus de temps de chargeuse, avec un coût plus élevé de manutention de matières. Et nous avons toujours une reprise entre le moment où le produit est tombé dans la travée de stockage, le mélangeur et le conditionnement. Le fait d'avoir cette reprise permet de garder le temps de contrôler et de valider par notre laboratoire les critères physico-chimiques pour valider la qualité du produit et ce, à fin de savoir s'il est parfaitement conforme aux attentes du client.

SECTEUR VERT : Au niveau des ensacheuses on a l'impression que c'est un produit qui n’est pas odorant…

Philippe DOYEN : En effet, le terreau n'est pas du tout odorant. C'est une idée reçue ! Il est possible parfois d’avoir quelques matières organiques qui, lors des phases de compostage,  vont avoir une odeur, mais les tourbes n'ont aucune odeur et les écorces n'ont qu'une seule odeur : c'est celle de la résine. C'est très agréable ! Il n'y a donc pas de phénomène de mauvaises odeurs dans le terreau.

SECTEUR VERT : Combien de composants utilisez-vous dans la fabrication de vos terreaux ?

Philippe DOYEN : Nous avons à notre disposition plus de 70 composants. En fait, dans le processus de production, nous allons réceptionner des matières brutes comme des tourbes ou des écorces. Sur les tourbes de la Baltique, nous allons également générer quatre calibres différents qui pourront ensuite entrer dans la composition des produits finis et ce, en fonction des demandes des besoins des utilisateurs. Par exemple, nous utiliserons de la tourbe fine pour mettre dans des petits contenants, pour de la multiplication, et des produits très grossiers pour des conteneurs de 3, 5 ou 10 litres, pour des cultures en pépinières.

SECTEUR VERT : Donc c'est donc véritablement de la fabrication sur-mesure ?

Philippe DOYEN : Tous ce qui est fabriqué, c’est surtout le cas pour les produits destinés aux professionnels, est déjà commandé car nous devons être capable de répondre en 72 heures chrono entre la commande du professionnel et la livraison du produit final. Tout ce qui est fabriqué chez nous, en particulier pour les horticulteurs, les pépiniéristes ou les professionnels des espaces verts, correspond à des commandes fermes et définitives de la part de nos clients car nous ne fabriquons pas à l'avance pour gérer un stock.

SECTEUR VERT : Quand vous mentionnez une commande qui provient d’un professionnel et qui est livrée sous 72 heures, cela signifie donc que vous mettez trois jours maximum pour fabriquer et livrer vos client ?

Philippe DOYEN : Effectivement, lorsqu’un client va commander le lundi matin et il sera livré le mercredi dans la journée. C'est par exemple le cas pour un pépiniériste qui va nous passer sa commande le lundi matin auprès de notre assistante commerciale nous allons lui établir un bon de commande la production va être lancée nous allons fabriquer contrôler charger le camion est livrée à notre client se commande et se avant le mercredi donc ce départ usine avant le mercredi pour livraison mercredi.

SECTEUR VERT : Pouvez-vous stocker vos productions professionnelles ?

Philippe DOYEN : En ce qui concerne les formulations professionnelles de nos productions, elles sont réalisées à la commande, on peut même dire « sur mesure » en fonction de chaque contrainte, de chaque demande de la part de nos clients horticulteurs ou pépiniéristes. En revanche, pour les produits « Grand Public », nous fonctionnons avec des gammes.

SECTEUR VERT : C’est à dire ?

Philippe DOYEN : Nous avons en effet des gammes prédéfinies et nous allons donc travailler sur stock. Notre client va nous commander du terreau horticole géranium, déjà en sachet est prêt à expédier. Par conséquent, pour les gammes « Grand Public », nos productions sont principalement destinées à réapprovisionner nos stocks.

SECTEUR VERT : A propos de vos produits « Grand Public », combien de temps pouvez-vous les stocker sans que le support de culture ne soit altéré ?

Philippe DOYEN : Ces terreaux sont stockés sur une durée assez courte -environ deux à trois mois- avant d'être livrés dans les magasins. Mais les produits peuvent parfaitement rester en sac pendant un an, sans que cela ne dégrade le mélange. J’ajoute que les grandes périodes de stockage ne débutent qu’en tout début d'année, à partir de la première quinzaine du mois de janvier et ce, pour atteindre la pleine production, jusqu'à la mi-février, car tout doit être prêt pour le démarrage de la saison, au printemps. Donc, en résumé, pendant un mois environ, en gros de la mi-janvier à la mi-février, nous allons avoir une période de production très importante pour stocker. Ensuite nous expédions vers les magasins spécialisés dans la distribution de produits de jardin, à partir de la fin du mois de février, pour que ceux-ci constituent leurs stocks de printemps et assurent un bon démarrage de saison.

SECTEUR VERT : Nous sommes à la fin du mois d'août et il y a un stock qui est relativement bas…

Philippe DOYEN : En effet, la plus grosse période de saison s’étale sur une durée très courte, de février à mai, et cela représente près de 70 % de notre production. Et puis au second semestre nous avons un tout de même un second pic saisonnier qui correspond aux plantations d'automne qui commencent en septembre, pour se poursuivre en octobre et se terminer vers la fin du mois de novembre. Et dès le mois de décembre nous commençons déjà à préparer la saison suivante !

SECTEUR VERT : Nous sommes à présent devant les chaînes d'ensachage; toute la fabrication est automatisée ?

Philippe DOYEN : Sur les quatre premières chaînes d'ensachage, toute la fabrication est automatisée et la cinquième chaîne est semi-automatique, ce qui veut dire que toute la palettisation va se faire à la main ;  c’est la raison pour laquelle nous réalisons des petits volumes, des petits sacs, sur cette dernière chaîne.

SECTEUR VERT : Nous nous trouvons maintenant sur le site de réception des matières premières, autrement dit c'est là que tout commence ?

Philippe DOYEN : Oui, en effet, c'est là que tout commence puisque que nous allons débarquer sur ce site les matières premières brutes qui arrivent et qui sont destinées à être transformées dans notre usine de Vivy. Donc ici sont stockées les tourbes et les écorces. Ce sont eux les deux matières principales que nous allons transformer sur place. Mais nous disposons également d’une deuxième zone de réception où nous recevons de la terre de bruyère brute ou bien du fumier de cheval brut.

SECTEUR VERT : Quelle est la provenance de vos tourbes ?

Philippe DOYEN : Donc ici, chez FALIENOR, nous recevons trois qualités de tourbe, avec deux origines : irlandaise et baltique. Pour la tourbe irlandaise nous travaillons uniquement la blonde; et pour la tourbe Baltique nous allons travailler à la fois la tourbe blonde et la tourbe noire.

SECTEUR VERT : Quel est l'intérêt de mélanger ces tourbes ?

Philippe DOYEN : Les mélanger, pas nécessairement. En tout cas chaque matière a des propriétés qui sont différentes. Les tourbes noires étant plus décomposées, elles ont un meilleur pouvoir colloïde, une meilleure CEC, contrairement au tourbes blondes avec lesquelles on va rechercher la rétention en eau et l'aération et ce, en fonction des calibres que nous allons générer.

SECTEUR VERT : Que signifie "colloïde" ?

Philippe DOYEN : Lorsque nous allons faire une motte pressée, cela représente la capacité à maintenir cette motte en état de compression : colloïde signifie donc collé. Les tourbes noires par exemple seront très utilisées pour les semis ou bien pour les plantations de jeunes plans maraîchers, comme les tomates en motte. L'Allemagne est, par exemple, un très gros fournisseur de tourbes noires, de tourbes colloïdes, car ce sont des tourbes qui sont vraiment très adaptées à ce type de marché, mais sur lequel FALIENOR n'est pas vraiment présent. En revanche nous allons utiliser ce type de tourbes brunes pour les pensées, en particulier.

SECTEUR VERT : Et pour les tourbes blondes ?

Philippe DOYEN : En ce qui concerne les tourbes blondes, nous allons les calibrer en quatre calibres. Et en fonction des calibres, nous allons les utiliser soit pour leur capacité de rétention en eau, soit pour leur capacité d'aération, soit pour leur capacité d'effet de mèches. Par exemple, pour les tourbes blondes de la Baltique, les parties les plus grossières sont des fibres longues et quand nous allons incorporer ces matières premières à raison de 10, 15, 20 ou 25 % dans des mélanges, nous allons favoriser la répartition de l'eau dans le massif du substrat. Nous allons utiliser l'effet de mèche de cette matière, pour répondre aux demandes, aux besoins du client.

SECTEUR VERT : C'est le cas, par exemple, des cultures en subirrigation ?

Philippe DOYEN : Oui, on va donc « demander » à l'eau de remonter sur toute la hauteur du substrat et ce, en partant du bas du pot. Donc le fait de mettre des mèches, comme la fibre de tourbe ou la fibre de coco, va permettre de faciliter la remontée de l'eau par capillarité.

SECTEUR VERT : Et cela s'applique à la fois sur les produits destinés aux professionnels comme aux particuliers ?

Philippe DOYEN : Cela s'applique surtout aux produits destinés aux professionnels car nous sommes sur des produits qui sont beaucoup plus techniques. Pour le grand public, on a surtout tendance à avoir des demandes pour des produits fins et noirs, ce qui n'est pas nécessairement -d'un point de vue agronomique- très judicieux. Mais dans l'inconscient collectif des jardiniers amateurs, un bon terreau est un terreau noir et fin! Et pourtant, je peux vous assurer que nous avons la capacité de fabriquer, par exemple, des terreaux bleus et grossiers et qui marcheront beaucoup mieux !

SECTEUR VERT : Pour en revenir aux matières premières, tout est livré par semi-remorques ?

Philippe DOYEN : Les matières premières sont livrées par semi-remorques ou par containers. Nous avons en effet des tourbes qui arrivent par containers, mais tout est déchargé sur le site de Vivy. Après nous avons un opérateur, un conducteur de chargeuse, qui va tamiser ces matières premières sur deux cribles différents :
- D’une part, un premier crible qui spécialisé dans le tamisage de la tourbe, donc avec des méthodes de tamisage qui sont issues des méthodes utilisées dans des pays tourbiers, comme les Pays Baltes ou l'Irlande, avec un système de criblage par étoile
-Et, d'autre part, nous avons un crible qui est spécialisé dans le tamisage de l'écorce et là nous sommes sur un système de « vibrant ». Donc chaque crible est adapté aux matières premières que l'on va passer dedans, afin de ressortir les différents calibres qui nous intéressent.

SECTEUR VERT : En fait, une des principales contraintes de votre métier, en dehors du stockage c'est le mélange des matières premières, le criblage et la sélection ?

Philippe DOYEN : En réalité notre métier est exactement le même que celui d'un grand chef cuisinier, c'est-à-dire qu'il nous faut tout d'abord sélectionner des matières premières de qualité qui répondent à nos besoins : c'est à la fois la phase d'achat et de contrôle de la réception, pour s'assurer que les matières que nous recevons sont conformes à nos demandes.
Puis après nous allons avoir la phase de préparation. De même qu'un cuisinier, lorsqu'il travail des carottes, va partir soit sur des carottes Vichy soit sur des carottes râpées, pour ce qui concerne FALIENOR, nous allons transformer les matières premières en les criblant en fonction de nos demandes (nous avons des cribles vibrants ou des cribles à étoiles) pour mettre à disposition des matières intermédiaires qui vont servir ensuite dans la recette du mélange final.

SECTEUR VERT : Donc il vous faut de bons ingrédients pour réaliser vos recettes ! Comment faites-vous pour trouver et sélectionner toutes ces matières premières ?

Philippe DOYEN : Nous sélectionnons nos fournisseurs en fonction de leurs capacités à nous livrer les produits qui nous conviennent. Donc notre premier objectif consiste à bien préciser à nos fournisseurs ce dont nous avons besoin comme matières premières, ce qui va leur permettre ensuite de bien connaître nos besoins afin qu'ils puissent nous fournir des produits d'excellente qualité. C’est pourquoi il y a un échange permanent entre nos fournisseurs et nous pour leur indiquer ce qui nous convient ou pas. Tous les ans, par exemple, nous nous rendons dans les pays baltes pour examiner les récoltes de tourbe et s'assurer qu'elles nous conviennent parfaitement.

SECTEUR VERT : Que se passe-t-il si la qualité des tourbes n’est pas conforme à vos exigences ?

Philippe DOYEN : Si la qualité de la récolte de tourbe ou de l'écorce était moins bonne que ce que nous souhaitons, c'est à dire que si elle n'était pas conforme à nos critères de départ, cela nous permettrait d'anticiper une correction que nous appliquerions sur notre site, ici en France, pour corriger la qualité de ces tourbes ou de ses écorces et ce, conformément à nos critères de qualité très élevés. Je précise que nous sommes capables de corriger la qualité de la matière première, car nous avons la possibilité d'intervenir sur le criblage. Ainsi, sur une tourbe humide, ou une tourbe sèche, nous n'allons pas avoir les mêmes vitesses de rotation d'étoiles, mais le produit intermédiaire que nous allons générer sera strictement identique d'une année sur l'autre et ce, simplement en modifiant les réglages de notre matériel.

SECTEUR VERT : Le problème de la récolte de tourbe c’est qu'elle peut être plus ou moins humide en fonction des intempéries de la saison en cours. C'est donc à vous de stabiliser le produit pour qu'il soit parfait au moment du mélange ?

Philippe DOYEN : Il faut en effet s'assurer que la qualité des produits mélangés soit conforme avec ce que l'on attend au niveau du produit final. Une fois que les matières premières utilisées pour la fabrication auront été convenablement préparées et transformées, on obtiendra alors un produit de qualité irréprochable à l'ensachage.

SECTEUR VERT : Comment vous approvisionnez-vous en tourbe et en écorces ?

Philippe DOYEN : Les tourbes baltiques sont approvisionnées directement par bateau vraquier au départ des pays baltes et sont déchargées et stockées sur deux ports : Honfleur et Nantes. FALIENOR approvisionne donc la tourbe en fonction de ses besoins sur site. En ce qui concerne le stock d'écorces brutes que l'on voit actuellement sur notre site, il correspond simplement à notre « stock tampon ». Le fait d'avoir un stock important de tourbes sur les ports de Nantes et Honfleur permet non seulement de stocker du produit mais aussi et surtout d'optimiser les coûts de transport.

SECTEUR VERT : Vous optimisez également vos coûts de logistique…

Philippe DOYEN : FALIENOR utilise chaque année 100 000 m³ de tourbe et si c'était simplement le site de Nantes qui était utilisé pour le stockage, il y aurait forcément des problèmes de logistique, en pleine saison. Le fait de travailler sur deux sites facilite grandement les questions relatives à la logistique. En effet, en pleine saison il y a cinq semi-remorques de tourbe qui viennent, chaque jour,  approvisionner le site en matières premières ! Donc si nous n’avons qu'un seul point de départ, il faut trouver cinq camions par jour disponibles pour descendre sur Vivy. En revanche, si nous disposons de deux points de départ, en l'occurrence Nantes et Honfleur, nous avons plus de facilités à répartir la charge logistique, au départ de deux points de stockage plutôt que d'un seul. Je vous rappelle que sur les supports de culture, le prix du coût de transport représente une part très importante du prix total, de l'ordre de 30 % environ.

SECTEUR VERT : L'autre avantage pour FALIENOR de stocker de la tourbe en France, sur Nantes ou sur Honfleur, c'est que cela permet de réduire les risques logistiques au niveau des pays baltes…

Philippe DOYEN : En effet, dans les pays baltes, au beau milieu de l'hiver, c'est-à-dire entre janvier et mars lorsque la mer Baltique est gelée, l'approvisionnement par bateau à ce moment-là est beaucoup plus difficile. Ainsi, nous anticipons les approvisionnements pour limiter au maximum le risque logistique au moment de l'hiver. Mais ce n'est pas tout. En disposant d'un stock important, cela nous permet également de faire face, éventuellement, à des périodes de mauvaises récoltes de tourbe. Si cela se produit, nous savons que la demande de l'ensemble des opérateurs français ne pourra pas être satisfaite au niveau de la livraison de leurs matières premières. Par conséquent, la logique de FALIENOR consiste à faire rentrer, avant le démarrage de la saison, l'ensemble des stocks dont elle aura besoin dans le cadre de sa prochaine campagne et ce, pour satisfaire l'ensemble de ses clients. Autrement dit, c'est une véritable garantie pour nos clients. A ce propos, nous avons déjà été confrontés à des périodes de mauvaises récoltes de tourbes. Pour anticiper ce phénomène, il y a quelques années, nous avions fait rentrer tout notre stock dès le début du mois de décembre.

SECTEUR VERT : Donc si la récolte de tourbe est mauvaise est-ce que cela peut avoir une incidence sur le prix de la matière première ?

Philippe DOYEN : Oui, il peut y avoir une augmentation sur les derniers mètres cubes de tourbes disponibles au mois de mars ou d'avril, alors même que la nouvelle récolte n’a pas encore débutée. Mais la sélection d'un bon fournisseur permet d'éviter ce genre de problème. Lorsque l'on a un bon fournisseur -et qu'on lui commande longtemps à l'avance et de manière récurrente 100 000 m3 de tourbe- son intérêt consiste à nous les mettre de côté plutôt que de chercher la première opportunité pour vendre son stock 20 % plus cher ! Il faut savoir que FALIENOR travaille avec le même fournisseur de tourbe depuis plus de 10 ans déjà ! Nous jouons vraiment la carte de la fidélité.

SECTEUR VERT : L’autre force de FALIENOR, c'est de travailler sur deux marchés distincts à la fois, celui des particuliers et les professionnels…

Philippe DOYEN : C'est ce qui nous permet de transformer toutes nos matières premières et d'avoir des débouchés pour l'ensemble des produits que nous allons générer. Par exemple, lorsque nous tamisons de l'écorce, nous générons quatre calibres. Le premier calibre -qui sera du 0,5- sera à destination du grand public; les trois autres seront à destination des professionnels. Il faut savoir que le grand public utilise soit du calibre fin, soit du calibre très grossier pour faire du paillage. On peut donc avoir de l'écorce 20/40 qui va partir en paillage, au niveau du grand public. En revanche, au niveau de la 5/10 et de la 10/20 ce ne sont pas des calibres qui intéressent les particuliers. Ils sont toutefois très demandés par les professionnels, dans le cadre de la fabrication de terreaux. Vous voyez donc, avec cet exemple, que nous pouvons utiliser l'ensemble des calibres d'écorces que nous allons générer et ce, en nous adressant à la fois aux marchés « professionnel » et « grand public ».

SECTEUR VERT : Du coup chez FALIENOR, il n'y a pas de perte...

Philippe DOYEN : Quand bien même nous aurions en stock, par exemple, des calibres d'écorces supérieures à du 20/40 et bien ces écorces repartiraient au broyage pour être à nouveau calibrées. Une des forces de FALIENOR c'est de pouvoir utiliser la totalité des matières qui sont générées : à ce niveau, rien ne se crée et tout se récupère !

SECTEUR VERT : Nous trouvons à présent dans la zone de compostage des écorces.

Philippe DOYEN : Ce ne sont que des écorces de pins maritimes. Elles sont compostées sur place, donc sur notre site de Vivy, afin d'améliorer leurs caractéristiques agronomiques. Les écorces que nous voyons derrière nous sont des écorces de 10/20 et de 5/10.

SECTEUR VERT : Mais qu'est-ce que le compostage des écorces ?

Philippe DOYEN : Il s’agit de mettre, dans des conditions favorables, le développement de bactéries et de flore la microbienne, pour transformer la matière organique et la stabiliser.

SECTEUR VERT : Comment parvenez-vous à créer un milieu favorable ? Un milieu favorable c'est quoi ?

Philippe DOYEN : Il s’agit tout simplement de créer un milieu humide, aéré et nourricier. Pour l'humidité nous allons incorporer de l'eau dans les écorces afin d'augmenter le taux d'humidité; pour aérer les écorces nous allons les brasser avec les chargeuses et cela va permettre également d'incorporer de l'oxygène; et enfin nourricier : pour ce faire nous allons rajouter de l'azote sous différentes formes pour pouvoir nourrir toutes les bactéries, pour pouvoir nourrir toute la flore qui se présentent au niveau des écorces, et donc favoriser leur développement. En se développant les bactéries vont stabiliser la matière organique, pour obtenir une écorce compostée qui est hygiénisée, car on monte à des températures de l’ordre de 65 à 70°C. Dès lors, l'écorce aura, d’une part, une meilleure capacité de rétention en eau, étant donné qu'elle sera stabilisée, et, d’autre part, elle ne consommera pas d'azote lorsqu'on va la mélanger dans les terreaux.

SECTEUR VERT : Autrement dit, l'utilisation dans les terreaux d’une écorce fraîche non stabilisée, représente un risque pour les végétaux : l'écorce va commencer à se dégrader, elle va consommer de l'azote, et cette consommation d'azote va se faire au détriment de la plante. Donc on va voir un terreau qui sera moins efficace qu'avec de l'écorce compostée…

Philippe DOYEN : C'est la raison pour laquelle la quasi-totalité des fabrications de chez FALIENOR sont réalisées avec des écorces de pin maritime compostées ! Maintenant, si un client désire de l'incorporation d'écorces fraîches dans son terreau, car dans sa conduite culturelle il est habitué à travailler avec cette matière première, nous saurons bien évidemment répondre à cette demande précise. Toutefois, nous aurons tendance - en bon spécialiste que nous sommes !- à préconiser l’utilisation de l'écorce compostée car il y aura de toute façon un gain sur la culture finale.

SECTEUR VERT : Il y a forcément une incidence sur le prix de l'écorce dès lors qu'elle est travaillée ?

Philippe DOYEN : Oui, en effet, il peut y avoir une incidence sur le prix mais il faut aussi considérer qu'il va y avoir un gain en culture. Pour preuve, nous arrivons à obtenir des différences significatives dans le cadre de nos essais réalisés d'un côté avec de l'écorce fraîche et de l'autre côté avec de l'écorce compostée. Après c'est toujours une question d'équilibre entre les coûts et les gains pour l'utilisateur.

SECTEUR VERT : Mais ce travail de l'écorce, c'est votre savoir-faire et votre valeur ajoutée auprès de vos clients... D'après vous existe-t-il beaucoup de sociétés qui soient capables d'effectuer ce type de travail sur les écorces ?

Philippe DOYEN : A notre connaissance il n'existe pas d'autre société qui soit capable de travailler les écorces comme FALIENOR. C'est ce qui rend très certainement notre activité unique sur le marché. Depuis plus de 15 ans, notre travail sur les écorces est unanimement reconnu, en particulier sur la culture des vivaces. FALIENOR a donc été le précurseur dans l'utilisation des écorces stabilisées pour la fabrication des substrats et ce, pour obtenir des produits de très grande qualité !

SECTEUR VERT : Nous sommes à présent devant un stock de fibre de coco. Il s'agit d'une production spécifique à FALIENOR ?

Philippe DOYEN : Tout à fait. La fibre de coco est fabriquée par FALIENOR dans son usine basée en Côte d'Ivoire, une usine qui appartient en propre au groupe FALIENOR PREMIER TECH.

SECTEUR VERT : Et cette fibre de coco comment est-elle produite ?

Philippe DOYEN : Cette fibre de coco est spécialement fabriquée pour FALIENOR. Il ne s'agit pas de rejets d'une autre activité. Le process qui est présent dans l'usine de Côte d'Ivoire repose sur l'approvisionnement des bourres de coco, les fibres brutes qui entourent la noix de coco. Ces bourres de coco sont stockées sur notre site de production, elles sont ensuite broyées, puis lessivées pour retirer le chlorure de sodium, puis séchées et compactées et mises sur palettes afin d'être expédiées en France, pour notre utilisation personnelle.

SECTEUR VERT : Le gros problème de l'utilisation de la fibre de coco, lorsque l'on a commencé à l'utiliser en France, c'était le phénomène de dégagement de chlorure de sodium...

Philippe DOYEN : Exactement. Au début, lorsque la fibre de coco a été mise sur le marché, elle était issue d'un processus de fabrication qui était tout autre : on fabriquait alors soit des paillassons soit des cordes en fibre de coco et cette fibre qui était utilisée était un résidu de production qui n'était pas lavé. C'est ce qui a entraîné de nombreux dégâts en cultures. C’est la raison pour laquelle notre usine de Côte d’Ivoire ne produit que de la fibre de coco exclusivement destinée à des applications en horticulture. Les opérateurs qui travaillent dans cette usine sont sensibilisés aux opérations de dessalement de la fibre de coco. Nous arrivons à obtenir de la fibre de coco dont la conductivité est inférieure à 0,5 alors que pour de la fibre de coco non lavée on peut arriver à de la conductivité de 1,5 voire 2, des choses qui sont phytotoxiques pour les plantes!

SECTEUR VERT : Quels sont les avantages de la fibre de coco ?

Philippe DOYEN : Ils sont très nombreux ! On peut parfaitement fabriquer un terreau 100 % en fibre de coco ! Pour faire simple, lorsque l'on fabrique un terreau on va rechercher plusieurs critères : un terreau aéré, un terreau rétenteur afin de retenir des éléments nutritifs pour la plante. De plus, ce terreau doit permettre l'ancrage de la plante dans le pot car il faut savoir que l'on est sur un volume relativement restreint de substrat pour la plante. Avec la fibre de coco, on peut tout faire : les éléments fins seront rétenteurs en eau, la partie fibre sera très aératrice, elle va permettre l'effet de mèche, donc la répartition de la fibre de coco l'ensemble du massif du substrat.

SECTEUR VERT : La fibre de coco dispose aussi d'un autre avantage par rapport à la tourbe : elle n'est pas hydrophobe…

Philippe DOYEN : On peut faire sécher complètement sa fibre de coco, on peut oublier de l'arroser, la plante peut être en train de dépérir, lorsqu'on va commencer à arroser on va réhumecter immédiatement le massif du substrat. Contrairement à la tourbe, la fibre de coco est très rétentrice en eau et n'est pas hydrophobe. Elle agit, en quelque sorte, comme une éponge : lorsque la coco est sèche il suffit de l'arroser, la fibre va se déliter puis se gorger d'eau. Ainsi pour 1 tonne de fibre de coco fine sèche et compactée, on arrive à obtenir 15 m3 de fibre de coco défoisonnée et humide ! A contrario, si l'on prend une motte de tourbe très sèche et qu'on l'arrose, l'eau va ruisseler sur la tourbe et ne sera pas absorbée, ce qui n'est pas du tout le cas de la fibre de coco ! Pour preuve nous recevons régulièrement, chez FALIENOR, de la fibre de coco compactée et séchée ; il nous suffit simplement de placer un arroseur dessus, elle va gonfler complètement et ce, dans des proportions de un à cinq !

SECTEUR VERT : Revenons à la fabrication de cette fibre de coco. FALIENOR est propriétaire de l'usine basée en Côte d'Ivoire. Vous disposez certainement d’un process de fabrication spécifique pour produire cette fibre destinée au marché de l'horticulture ?

Philippe DOYEN : C’est Jean-Benoît PORTIER -notre Directeur Général- qui a imaginé et conçu l’utilisation de la fibre de coco dans les supports de culture professionnels. Et ce process a su évoluer dans le temps. A présent nous avons 15 ans d'historique sur les machines, sur la fibre de coco, sur l'ensemble de ce dossier et donc cela nous permet de fournir la fibre de coco adaptée aux besoins de nos clients. D’ailleurs, ce n'est même plus la même fibre de coco que nous avions il y a encore quatre ou cinq ans !

SECTEUR VERT : Alors là, nous abordons un autre aspect de votre activité car vous maîtrisez le sourcing de matières premières. Mais ces matières premières, il faut savoir les maîtriser afin de de mieux les utiliser...

Philippe DOYEN : Tout à fait il faut savoir maîtriser l’utilisation et la transformation des matières premières afin de répondre exactement aux attentes de nos clients. Donc nous faisons évoluer nos matériels, nos process de production, avec toute notre expérience, afin de satisfaire notre clientèle. Notre usine FALIENOR nous permet d'apporter des réponses adaptées à chaque problématique de nos clients, entre autres dans le domaine de la pépinière ou de l'horticulture. Notre panel de 70 matières premières nous permet d'apporter des solutions « produit » spécifiques à chacun de nos clients. Ainsi nous pouvons répondre à toutes les demandes, pour toutes les évolutions de nos clients. Par exemple,  il y a quelques années nous avons eu des demandes relatives à la subirrigation. Nous avons donc développé, en partenariat avec nos clients, des formules exclusives de subirrigation avec contrainte de la réhumectation par capillarité. Il s'agit là de formules que nous ne fabriquions pas au cours des années 1990. Mais de nouvelles méthodes culturales sont apparues et nous avons su adapter nos terreaux à ces nouvelles techniques.

SECTEUR VERT : Un autre exemple est sans doute celui des cultures de toitures végétalisées…

Philippe DOYEN : il y a encore quelques années, nous ne produisions pas de terreau pour ce type de culture. A présent, nous en fabriquons des milliers de mètres cubes ! Nous avons donc été contraints de produire de nouvelles formules de support de culture totalement différentes de celles de terreaux horticoles. En effet, les terreaux pour la toiture végétalisée sont des terreaux très techniques, à forte base minérale, avec des contraintes spécifiques de rétention en eau. Des contraintes très fortes parce que l'on touche aux structures et aux portants des toitures… les cahiers des charges sont donc très « pointus ». Et nous avons l'obligation de répondre à ces cahiers des charges par des formulations de matières différentes, en fonction des besoins.

SECTEUR VERT : À ce propos il n'est pas rare d'être confronté, pour les toitures végétales à différentes formulations et ce, pour un seul et même client !

Philippe DOYEN : Nous devons être très réactifs par rapport aux demandes de nos clients et puis nous avons aussi des demandes qui s'autoalimentent avec nos clients. Je m'explique : nous avons des technico-commerciaux qui sont très proches de nos clients et qui les suivent régulièrement. Cela nous permet d'avoir une remontée d'informations émanant du terrain.  Nous considérons que nous avons l’obligation de répondre à ces nouvelles demandes et ces nouvelles problématiques. Nous pourrons ensuite faire profiter de ces nouvelles expériences à bon nombre d'autres clients. Je tiens également à préciser que pour ce qui concerne notre clientèle professionnelle nous n'avons pas des commerciaux mais des technico-commerciaux. Ce sont donc des collaborateurs expérimentés qui connaissent très bien la technique, qui savent par conséquent apporter des réponses adaptées aux problématiques de nos clients horticulteurs, pépiniéristes et collectivités. Il faut également souligner que le client final, pour les toitures végétalisées ou les murs végétaux, est le plus souvent une collectivité.

SECTEUR VERT : À présent nous nous trouvons devant un cribleur Premier Tech. S'agit-il d'un matériel qui est fabriqué par le Groupe PREMIER TECH ?

Philippe DOYEN : En effet, c'est un énorme avantage que d'être liés à un groupe qui est, depuis de très nombreuses années, spécialisé dans la fabrication de terreaux et dans l'extraction de la tourbe. Premier Tech a de nombreuses compétences dans le domaine de l'ingénierie. Cela nous permet de bénéficier concrètement de réponses techniques ici même, sur notre site de FALIENOR et ce, avec des propositions faites par PREMIER TECH.

SECTEUR VERT : Concrètement, cela représente quel bénéfice technique pour votre activité ?

Philippe DOYEN : Il y a encore quelques années FALIENOR utilisait un crible vibrant et ensuite, sur proposition de Premier Tech, le site de FALIENOR investi dans un nouveau cribleur,  un matériel Premier Tech, qui dispose d'une nouvelle méthode de criblage : un criblage à étoile. Ce système est particulièrement adapté non pas la tourbe mais au fumier de cheval, à la terre de bruyère, etc.,  bref adapté à des matières premières qui sont très abrasives et donc très difficiles à tamiser. Ainsi, à la sortie du criblage, il y a produit de meilleure qualité, avec un meilleur débit et donc une meilleure rentabilité. Dès lors, cela permet à FALIENOR de dégager un gain financier afin de le répercuter ensuite, par voie de conséquence, à ses clients en leur proposant des produits à des prix plus compétitifs!

SECTEUR VERT : Nous découvrons un autre aspect des activités du groupe Premier Tech : un industriel spécialisé dans la production de supports de culture qui également conçoit et fabrique ses propres machines d'exploitation !

Philippe DOYEN : En fait cette situation est historique car la partie ingénierie du Groupe PREMIER TECH est issue, à l'origine, du développement de machine à ensacher la tourbe. Au Canada, PREMIER TECH fabrique non seulement des machines pour récolter la tourbe (étant donné que Premier Tech est avant tout un groupe tourbier) mais aussi des machines pour ensacher la tourbe ! Et au fil des ans, cette activité machinerie, totalement intégrée, s'est développée pour devenir une entité à part entière au sein du groupe. Pour preuve, l'expertise de Premier Tech en matière d'ensachage s’est tellement développée qu'aujourd'hui le groupe est capable de fabriquer des matériels très spécifiques destinés à l'ensachage de farines pour bébés !

SECTEUR VERT : En résumé, chez FALIENOR PREMIER TECH vous maîtrisez totalement l'ensemble de la chaîne de fabrication de vos produits !

Philippe DOYEN : Absolument ! Cette maîtrise est très importante, bien sûr en termes d'image, mais d'un point de vue technique également par ce que lorsque nous avons des échanges avec nos clients, nous avons toute une équipe qui est capable de se mobiliser pour apporter son expérience, sa pertinence,  son savoir-faire au service d’une fabrication de terreaux « sur mesure ». Il faut ajouter que les contraintes techniques relatives au terreau en Amérique du Nord sont identiques à celles de la France ; donc cela permet de proposer plus facilement des solutions efficaces et ce, très rapidement. Nous avons désormais un message très important à faire passer à nos clients pour communiquer auprès d'eux sur la très grande expertise du groupe PREMIER TECH dans le domaine de la tourbe et des supports de culture. Une expertise à laquelle il faut également ajouter celle que nous avons acquise dans le domaine des mycorhizes. Et l'arrivée de l'entité de la société FALIENOR  au sein du groupe Premier Tech permet à FALIENOR d'assurer son développement pour encore de très nombreuses années!  De quoi rassurer nos clients, car encore une fois FALIENOR intègre de toute la chaîne de production : la fibre de coco, la tourbe, la fabrication les machines, les formulations...

SECTEUR VERT : Considérez-vous que, dans le domaine des supports de culture, le groupe Premier Tech FALIENOR soit une entreprise à part ?

Philippe DOYEN : FALIENOR dispose d'un avantage concurrentiel supérieur à la fois au niveau de la qualité produit et de la maîtrise technique pour répondre aux demandes des clients, au cas par cas. Aujourd'hui les supports de culture ne sont quasiment pas connus des particuliers et des professionnels. Les utilisateurs considèrent que les supports de culture sont des produits banals, qu'il faut bien sûr utiliser, mais que toutes les marques se valent. Ce n’est pas le cas…

SECTEUR VERT : En fait vous apporter énormément de valeur ajoutée à ce produit, du savoir-faire, mais c'est aussi à vous de mettre en avant, de faire savoir, les qualités intrinsèques des formulations que vous produisez…

Philippe DOYEN : En effet, et c'est en visitant notre usine de Vivy que l'on se rend compte de tout le travail qui réalisé dans le cadre de la fabrication de nos support de culture : une sélection rigoureuse des matières premières, un travail de stockage considérable et puis toute l'expertise en terme de formulation. Lorsque nos clients reçoivent le produit fini, ils ne s'en rendent pas toujours compte de la complexité à le fabriqué. C'est pourquoi, lorsque nos clients le désirent nous sommes ravis de leur faire visiter notre site de production ! Cela nous permet de faire passer un message très pédagogique car lorsqu'ils achètent nos terreaux,  ils achètent également notre expertise notre savoir-faire et notre technologie, en résumé ils achètent une assurance qualité!

SECTEUR VERT : La grande difficulté, pour premier Tech, consiste aussi à diffuser ce message de qualité auprès de la distribution. Le professionnel, d'une manière générale, se fait livrer sa commande par rapport à un cahier des charges précis : il sait exactement ce qu'il veut au moment de sa commande et lorsqu'il la réceptionne il sait qu'il va recevoir, en principe, tous les « ingrédients » dont il a besoin pour ses plantes…

Philippe DOYEN : Étant donné que le support de culture est un produit très banalisé, le consommateur n'est pas capable d'apprécier toutes les qualités intrinsèques du terreau qu'il est à même d'utiliser. Aujourd'hui, un consommateur n'est pas capable de faire la différence entre un sac de terreau à 4,90 Euros et sac de un terreau à 7,90 Euros simplement en regardant l’emballage. Et pourtant, la différence de prix reflète réellement la différence de qualité. A ce propos,  chez FALIENOR, nous avons fait l'acquisition d'un mélangeur grand public qui a été spécialement développé pour obtenir un mélange homogène et ainsi avoir une constance en termes de qualité. Mais ça, le consommateur ne voit pas !

SECTEUR VERT : Mais n’est-ce pas à la Distribution d’expliquer ce qui fait la différence entre un sac de terreau à 4,90 Euros et sac de un terreau à 7,90 Euros ?

Philippe DOYEN : Notre force, c’est que nous sommes capables de faire passer ce message auprès des responsables de la distribution spécialisée car ces enseignes du jardin sont à même de répercuter ce type d'information auprès de leurs clients finaux. Vous avez aujourd'hui des enseignes qui communiquent sur le prix, en général, mais qui ne sont pas capables de mettre en évidence les qualités des produits « haute de gamme » de chez FALIENOR. Ces enseignes ne sont pas nos clients privilégiés car nous recherchons des enseignes qui soient de vrais partenaires " qualité ".

SECTEUR VERT : Mais êtes-vous êtes capable, chez FALIENOR, de garantir la qualité de vos produits ?

Philippe DOYEN : C'est déjà le cas : nous garantissons nos produits et nous allons intensifier cette démarche parce que nous utilisons des ingrédients actifs naturels qui permettent de garantir la reprise et la pousse des végétaux !

SECTEUR VERT : Autrement dit lorsque le consommateur va acheter votre terreau, il sera satisfait ou remboursé ?

Philippe DOYEN : Absolument ! Je tiens à rappeler que cela se pratique déjà, depuis de très nombreuses années, par le groupe PREMIER TECH, au Canada, en particulier avec les mycorhizes. Ainsi, pendant une durée de trois, voire cinq ans, le consommateur peut revenir au magasin avec son ticket de caisse mentionnant l'achat du végétal et de la mycorhize. Et si pour une raison quelconque son végétal venait à mourir, le consommateur peut se le faire remplacer gratuitement, dans sa jardinerie !

SECTEUR VERT : Mais en fait cette démarche va très loin puisque vous garantissez aussi le végétal !

Philippe DOYEN : Mais oui, en effet, nous garantissons le végétal dès lors qu'il est nourri et entretenu avec des produits de qualité, à savoir des produits de chez FALIENOR !

SECTEUR VERT : Revenons sur certains aspects techniques de la fabrication des terreaux professionnels car vos chargeuses sont équipées de godets peseurs. Pourquoi ?

Philippe DOYEN : En effet nous avons cinq chargeuses sur le site et toutes sont équipées de godets peseurs tout simplement pour des questions de fiabilité lors des mélanges. Quand on va mélanger deux matières premières avec des densités différentes, le chauffeur de chargeuse ne va pas charger un volume mais il va charger un poids. C'est-à-dire que si l'on a besoin de 10 m³ de tourbe à 200 kg le chauffeur va charger 2 tonnes et s'il charge 10 m³ d'écorce à 500 kg il va donc charger 5 tonnes. C'est désormais une norme européenne : on fait les densités sur les matières premières pour la fabrication ainsi que sur les produits finis pour la facturation. Donc à chaque chargement de camion, on va passer le camion sur le pont-bascule pour déterminer le poids du produit qu'il y a dans le camion, puis diviser le poids par la densité pour obtenir un volume. Tous les fabricants de terreau passent par cette norme européenne pour pouvoir facturer. Cela n'était pas le cas il y a plusieurs années et on avait des différences réelles de volume entre les différents intervenants sur le marché. Donc cette norme a été très bénéfique pour s'assurer qu'il n'avait pas d'abus sur le marché!

SECTEUR VERT : Nous nous trouvons actuellement dans votre laboratoire d'analyses car, chez FALIENOR,  vous êtes les premiers en France avoir mis en place un laboratoire d'analyses interne pour pouvoir contrôler vos produits avant de les expédier…

Philippe DOYEN : Ce laboratoire nous permet non seulement de lancer la fabrication des commandes clients professionnels mais aussi de tester les fabrications qui ont été réalisées. Aujourd'hui, par exemple, nous avons une vingtaine de commandes clients qui sont en cours d'analyse. Le laboratoire et donc là pour contrôler les produits qui vont sortir du site mais il sert aussi à contrôler les produits qui y entrent. Toute les matières premières sont ainsi contrôlées et analysées dès leur arrivée. Quant aux produits mélangés, ils sont tous analysés avant l’expédition ou l’ensachage. Nous nous assurons toujours que ce qui va être expédié à nos clients correspond exactement à leurs attentes. Et la force de FALIENOR, c'est qu'il y a un contrôle de qualité à toutes les étapes de la fabrication mais aussi en cours de cultures. Pour preuve, nos technico-commerciaux peuvent se rendre chez nos clients pour prendre des échantillons en culture.

SECTEUR VERT : Vous proposez un service après-vente ?

Philippe DOYEN : Aujourd'hui nous avons, par exemple, deux échantillons qui sont en attente d'analyse pour un de nos clients. Ce sont des prélèvements qui ont été réalisés en cours de culture : nous allons ainsi contrôler si le pH est toujours bon, si la conductivité est toujours bonne, s'il faut apporter un peu plus d'engrais parce que la plante à faim ou, au contraire, s'il y a eu un problème d'électrovannes dans la culture et on aura lâché 10 fois plus d'engrais que ce dont la plante a besoin… Tout cela c’est en quelque sorte notre S.A.V. ! Donc nous accompagnons le client de A à Z, de la conception de sa formule jusqu'au suivi culture. Mais ce qui est intéressant également c'est que nous apprenons aussi beaucoup de nos clients. Par exemple : une erreur que peut faire un client sur un mauvais apport d'engrais ou un excès d'arrosage va nous permettre de faire corriger sa formule pour pouvoir la faire évoluer et l'adapter à sa conduite culturale. Il y a des clients qui arrosent énormément d'autre qui arrosent beaucoup moins, donc uniquement à partir de la façon d'arroser de la part de nos clients nous adaptons nos formules de fabrication avec des terreaux plus rétenteurs, ou bien des terreaux moins rétenteurs en eau. Et ces services que nous apportons à nos clients servent aussi à faire évoluer nos clients en leur apportant des réponses pertinentes adaptées et sur mesure.

SECTEUR VERT : Pouvez-vous nous préciser de quoi il s’agit lorsque vous parlez de réponses pertinentes adaptées et sur mesure ?

Philippe DOYEN : Sur les formulations de terreau professionnel nous travaillons vraiment avec du sur mesure. Nous pouvons très bien avoir deux terreaux identiques sur le papier, dans la formulation des matières premières, mais en fonction de la période d'utilisation ou de la période de rempotage, nous utiliserons alors des engrais enrobés avec des durées de libération différentes. Au départ, il y a toujours un échange entre le technico-commercial de chez FALIENOR et son client : comment équiper le client, examiner quel type de végétal est concerné, étudier quel type d'arrosage sera utilisé (goutte-à-goutte, aspersion, subirrigation), quel type de contenant sera employé, la localisation de la culture, le stade de croissance, du système de fertilisation... Et tous ces paramètres sont pris en considération lors de la proposition au client. Si la proposition est acceptée, elle sera ensuite reprise dans son intégralité pour fabriquer le mélange qui sera enfin envoyé au client et ce, conformément à formule demandée. Il y a donc une communication très grande entre les technico-commerciaux de chez FALIENOR et nos clients, pour proposer des formulations les plus proche des attentes.

SECTEUR VERT : Dans votre laboratoire vous êtes en train de réaliser des infusions d'échantillons pour tester, entre autres, la conductivité...

Philippe DOYEN : En routine nous allons contrôler plusieurs caractéristiques chimiques : le pH pour les plantes soit acidophiles soit neutrophiles, on peut même ajuster le pH des formulations livrées à nos clients; il est parfaitement possible d'adapter le pH du terreau en fonction de la qualité d'eau d'arrosage; il est possible d'avoir une eau alcaline, ou une eau pas du tout alcaline, et les proportions de certaines matières premières vont alors changer. Deux clients peuvent produire un même type de végétal dans un même type de pot avec le même terreau, le premier aura un pH à 5,5 et le second à 7. Inversement, un client qui se trouve dans une région dans laquelle l'eau est calcaire pourra avoir un pH par conséquent très bas. Notre rôle sera alors d’intervenir pour corriger le pH de l'eau d'arrosage avec le terreau. Tout dépend de la réalité du terrain et nos technico-commerciaux sont des interlocuteurs privilégiés qui peuvent apporter des réponses concrètes à nos clients.

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